ACTIVITE - JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PERSONNE HANDICAPEE...

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PERSONNE HANDICAPEE AFHALITD & L’ONG SERVITAS Cameroon


Cameroun – Douala le 02 Décembre 2016

COMPTE RENDU DE L'ACTIVITE

Depuis sa création en l’an 2000, l’ONG SERVITAS Cameroon entre autres activités, est impliquée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Cette année, les activités marquants les 16 jours d’activisme de la campagne mondiale contre la violence basée sur le genre qui ont lieu du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 10 décembre, Journée des Droits Humains, ont été menées conjointement avec l’Association des Filles/Femmes Handicapées pour l’Intégration Total au Développement ( AFHALITD).

En effet, répondant favorablement à la demande d’appui d’AFHALITD, SERVITAS Cameroon a planifié son activité lors de la Journée Internationale des personnes handicapées qui est célébrée chaque année le 03 décembre à travers le monde. AFHALITD et SERVITAS Cameroon tiennent cette activité le 02 décembre 2016, en raison de la finale de la CAN-Féminine de football qui s’est jouée le 03 décembre à Yaoundé au Cameroun et mobilisait le pays tout entier et bien entendu, de nombreuses femmes qui ont apporté leur soutien aux Lionnes Indomptables du Cameroun, l’une des équipes finalistes.

Cette activité sous le thème « STOP AUX VIOLENCES FAITES AUX FEMMES HANDICAPÉES » a débuté par l’exécution de l’hymne national du Cameroun et l’hymne d’AFHALITD.

  • Dans son allocution de bienvenue, Madame Marie-louise NOUBISSIE présidente d’AFHALITD, remercie l’ONG SERVITAS Cameroon d’avoir accepté de l’accompagner pour cette activité relative à la journée internationale des personnes handicapées. Elle remercie également les participantes, les panélistes et les invités d’avoir répondu présents à ce rendez-vous. Madame NOUBISSIE rappelle que AFHALITD a été créée en 1995 pour atteindre les objectifs qui sont : l’éducation, la formation, l’intégration socio-économique, professionnelle, sportive et culturelle des filles et femmes handicapées ainsi que des enfants nécessiteux et abandonnés ; elle va également présenter les différents départements de son association ainsi que leurs activités. De cette présentation, il ressort que les femmes handicapées mènent beaucoup d’activités génératrices de revenus à travers la vente de différents objets dans les foires, les journées portes ouvertes, et par des commandes. Elle a laissé entendre que l’association est à la recherche d’espaces stables pour pouvoir vendre ses produits. Elle a ensuite révélé qu’AFHALITD a déjà formé plus de 500 filles/femmes handicapées et qu’elle souhaiterait sortir ses adhérentes du secteur informel. La présidente lance ainsi un appel à l’expertise et au soutien des panélistes afin que celles-ci puissent mener des actions qui leur permettront de réduire les discriminations et violences dont elles sont sujettes. Elle a enfin souhaité qu’à l’issue de ces travaux, les panélistes puissent dégager objectivement tous les points afin que chacun y trouve satisfaction.
  • Madame Chantal KAMBIWA, Directrice exécutive de l’ONG SERVITAS Cameroon, Consultante en Genre dans son propos, a remercié madame la présidente d’AFHALITD d’avoir associé SERVITAS Cameroon à cet évènement avant d’entrer dans le vif de son intervention. Pour Madame Kambiwa, les femmes subissent déjà des violences et discriminations et cette situation est plus accentuée chez les femmes handicapées et ce dans plusieurs domaines. Elle poursuit en disant que le problème réside dans la non application des textes pris en faveur des femmes et des personnes vivant avec un handicap ; et l’ignorance de ces textes par les femmes en général et les femmes handicapées en particulier est un facteur aggravant cette situation. Elle rappelle que la présence d’une juriste au sein des panélistes n’est pas le fait du hasard. En illustrant ses propos par des images montrant des bâtiments publics inaccessibles aux personnes handicapées ainsi que d’autres lieux publics tels que les églises et marchés dont les constructions ne tiennent pas compte des personnes handicapées, elle encourage les femmes handicapées à ne pas rester muettes face à cette situation et de revendiquer leurs droits pour éviter de rester aux oubliettes.
  • Elle les encourage également à sortir du système des demandes d’aides en faisant un peu plus d’effort dans l’esprit de leur hymne qui encourage à ne pas se sentir dans un état de fatalité et d’abandon, mais au contraire dans l’espoir et la combativité. Elle soutient que les personnes handicapées doivent être présentes dans les instances de prises de décisions à tous les niveaux, surtout celles qui gèrent leur quotidien tels que les exécutifs des communes d’arrondissements.
    En conclusion, elle propose qu’une demande soit faite à la commune d’arrondissement de Douala 1er pour l’obtention d’une voiture de ramassage pour les personnes handicapées ; d’identifier un lieu public régulièrement fréquenté et non accessible aux personnes handicapées telle qu’ une église ou une mairie de la ville de Douala pour un plaidoyer en faveur de la construction d’une rampe pour permettre aux personnes handicapées moteur d’y accéder ; ainsi que la construction d’une rampe facilitant l’accès à la salle de conférence de la délégation du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille pour la région du Littoral (MINPROFF Lit), salle qui abrite cette activité. Elle propose enfin la mise sur pieds d’une commission pour réfléchir sur la réalisation de ces propositions.
  • Madame TCHAMAKO Josiane Représentante du réseau des femmes handicapées pour le Sud-ouest elle-même femme handicapée et membre de l’association AFHALITD, décrit quelques phénomènes sociaux, en ce qui concerne les violences faites aux femmes handicapées et les situations difficiles vécues par les personnes handicapées en général. Elle révèle que ces discriminations commencent dans les familles avec des parents qui n’assument pas le fait d’avoir un enfant handicapé, ensuite dans les relations entre femmes handicapées et hommes valides, qui à cause du regard social, préfèrent vivre des relations secrètes avec elles, dont les conséquences vont des visites nocturnes aux enlèvements à leurs mères, des enfants issus de ces relations ou même des abandons sans prise de responsabilités par les géniteurs. Elle a également parlé des discriminations dans les embauches, expérience qu’elle a elle-même vécu. Elle invite les autres femmes handicapées à ne pas baisser les bras. Elle conclut son propos en qualifiant cette activité d’intéressante et riche qu’a connu AFHALITD.
  • Madame Angéline TOUEGUENE, Maire-adjointe à la Commune de Douala 1er et présidente régionale pour le littoral de l’Association des Femmes Maires du Cameroun qui a suivi avec beaucoup d’attention les précédentes intervenantes, promet aux membres de l’association AFHALITD de porter leur message auprès des hautes sphères de l’Etat, en commençant par sa hiérarchie directe qui est la Communauté Urbaine de Douala. Parmi ces promesses, nous notons la construction de toilettes publiques adaptées aux femmes handicapées, ainsi que la construction des bâtiments publics sous la tutelle de la Communauté Urbaine de Douala, avec un passage pour les personnes handicapées. Elle a invité ces associations à se faire enregistrer auprès des services compétents afin que leurs requêtes soient vite reçues et à venir s’exprimer auprès de la cellule d’écoute mise en place par la mairie de Douala 1er pour des problèmes sociaux tels que ceux rencontrés par les femmes handicapées. Madame TOUEGUENE félicite le courage de ces femmes handicapées à l’instar de leur présidente Madame NOUBISSIE, qui est une interlocutrice dynamique de longue date entre différents partenaires nationaux et internationaux et des Associations des Femmes Handicapées dans la région du littoral.
  • Pour Madame NGALLE MBONJO présidente régionale de l’Association des Femmes Juristes du Cameroun antenne du Littoral (ACAFEJ), la cause des personnes handicapées intéresse davantage le législateur, puisque plusieurs textes et conventions pour les droits des handicapés sont mis en place pour les protéger à l’instar de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui figure parmi les traités internationaux les plus rapidement et largement signés et ratifiés à ce jour ; mais que le problème se situe au niveau de l’application de ces textes. Madame NGALLE MBONJO insiste sur le fait qu’ il faudrait d’abord que les femmes d’AFHALITD et autres prennent connaissance et conscience des droits qui sont les leurs et pour cela, elle se met à leur disposition pour toutes les questions de droit quelque soit le domaine, afin de leur donner des consultations juridiques gratuites pour les guider dans leurs différentes activités.

A la fin de cette rencontre une Commission a été mise sur pieds pour le suivi et la mise en œuvre des recommandations et promesses faites. Cette Commission est composée de Mesdames:

-     Chantal KAMBIWA (SERVITAS Cameroon)
-     Marie-Louise NOUBISSIE (AFHALITD)
-     Angélique TOUEGUENE (Association des Femmes Maires du Cameroun)
-     Romy HAKWA (AFHALITD)
-     Josiane TCHAMAKO (AFHALITD)
-     NGALLE MBONJO (ACAFEJ)
-     Adèle ASSOUM (Femmes de New-Deido)

Cette Commission devra se réunir au plus tard en février 2017 sous la supervision de SERVITAS Cameroon et d’AFHALITD.

A la fin de la journée des photos d’ensemble ont été prises pour immortaliser ces moments d’échanges.