Séminaire de renforcement des capacités des Reines Sans Frontières : Protocole de Maputo

Séminaire de renforcement des capacités des Reines Sans Frontières : Protocole de Maputo

COMPTE RENDU DE L'ACTIVITE

Le Mercredi 30 novembre 2016 s’est déroulé à l’hôtel Akwa Palace de Douala, un séminaire de renforcement de capacités des membres de l’association« Reines Sans Frontières » - KUM MEMFO, en vue de la Campagne de Vulgarisation et de Plaidoyer pour la prise en compte du Protocole de Maputo.

Ce séminaire qui se tient au moment où la fille et la femme sont à l’honneur à travers la brillante performance des Lionnes Indomptables, au cours de la coupe d’Afrique des Nations de football féminin qui se déroule pour la première fois au Cameroun, vient à l’appui de l’action gouvernementale dans sa politique de « Promotion de la Femme et du Genre », l’un des objectifs du KUM MEMFO. Après l’exécution de l’hymne national et un hommage solennel aux lionnes Madame Anne HEDGE (Mafo MBOUGOUONG), Présidente de l’association des « Reines Sans Frontières », a situé le cadre et les objectifs de ce séminaire dont les travaux visaient à :

    • Renforcer les capacités des Reines en plaidoyer ;
    • Emmener les différents invités de genre masculin à adhérer à la campagne HeForShe ;
    • Valider le plan d’action des Reines Sans Frontières ;

Transmettre aux autorités administratives et surtout traditionnelles le bien fondé des activités des Reines Sans Frontières.

Mafo MBOUGOUONG est honorée de la mobilisation importante des invités, autorités administratives, élites et représentants des chefs traditionnels, cible principale de l’action des Reines et sollicite leur accompagnement pour l’atteinte de ces objectifs.

La vice-secrétaire du KUM MEMFO Madame DJANKAM Carine (Mafo MAKOUGANG) a donné lecture des activités qu’à mené l’association les 15 derniers mois.

Les Reines Sans Frontières ont mené plusieurs actions éducatives, culturelles et sociales.

Sur le plan éducatif, les Reines Sans Frontières ayant choisi pour cadre d’action le Protocole de Maputo, chacune de leurs rencontres mensuelles était une séance d’apprentissage pour l’appropriation de ce Protocole. Ces rencontres mensuelles avaient également pour but de comprendre le rôle et la place de la femme dans notre société aussi bien en zone urbaine que rurale. Les Reines ont participé aux grandes rencontres officielles de promotion des droits des femmes, comme ce fut le cas lors de la Journée de la Femme Africaine, organisée par la Délégation Régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille pour le Littoral en Juillet 2016.En tant que gardiennes des traditions, les Reines Sans Frontières ne sont pas restées insensibles face au débat concernant la compatibilité entre religion et tradition ;ce sujet de réflexion a eu lieu sous le contrôle de Monseigneur Richard MBOUTA, par ailleurs Curé de la Paroisse Sainte Monique de MAKEPE, qui a permis de comprendre comment concilier la religion et la tradition. Monseigneur MBOUTA a également insisté sur le rôle incontestable joué par la femme dans ces deux entités.

Sur le plan culturel, les Reines Sans Frontières ont pris part aux grandes manifestations traditionnelles organisées dans différentes localités du pays, à l’exemple de la sortie officielle du LA’AKAM de sa Majesté Feue NEGOU TELA Alain Guillaume, roi du peuple Baleng.

Sur le plan social, les Reines n’ont pas hésité à apporter leur précieuse contribution dans la mesure de leurs possibilités. Elles ont ainsi apporté une aide financière aux élèves-médecins de 5ème année des différentes facultés de médecine et des sciences Biomédicales descendus dans le département de la MIFI. Les Reines ont également fait des dons aux victimes de la catastrophe d’ESEKA survenue le 21 Octobre 2016. Ces activités menées par l’association KUM MEMFO, viennent en appui à l’action gouvernementale dans ces différents domaines.

Madame Carine EDIE DJENGOU représentante de Monsieur le Gouverneur de la Région du Littoral, a témoigné son honneur en tant que femme de participer à ce séminaire ; elle a félicité les Reines Sans Frontières d’avoir choisi comme cadre d’action le Protocole de Maputo et a salué leurs actions qu’elle a qualifiées de « patriotiques ». Madame EDIE DJENGOU a saisie cette occasion pour énumérer quelques initiatives gouvernementales prises en faveur des femmes et de leurs droits, à travers différents instruments juridiques internationaux ratifiés par le Cameroun, l’adhésion de notre pays à la Campagne HeForShe, ainsi que différentes activités qui animent les journées consacrées aux droits des femmes.

Avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du séminaire de renforcement des capacités des Reines Sans Frontière, la représentante de Monsieur Le Gouverneur a encouragé et remercié le KUM MEMFO qui, à travers ses activités, accompagne le gouvernement dans ses différents domaines d’action et plus particulièrement celui de la « Promotion des Droits des Femmes et du Genre »

Madame Chantal KAMBIWA ( Mafo YIMGA) , membre et consultante de l’association des « Reines Sans Frontières », dont l’expertise a permis d’organiser et d’orienter lesdits travaux, a expliqué dans son propos introductif, la démarche et le sens du plaidoyer mené par le KUM MEMFO pour la prise en compte du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes en Afrique encore appelé: Protocole de Maputo.

Mafo YIMGA dira que le Protocole de Maputo est un texte qui, mis effectivement en œuvre, permet de lutter efficacement contre toutes sortes de discriminations et violences faites aux femmes en Afrique ; et c’est à cause de son contenu riche que les Reines Sans Frontières l’ont choisi pour œuvrer en faveur des Droits des Femmes. Elle rappellera que cet instrument juridique a été adopté par la « Conférence de l’Union Africaine » le 11juillet 2003 et ratifié par le Cameroun le 28 Mai 2009. La consultante fera également remarquer que c’est à dessein que les Reines ont choisi de situer ces travaux dans le cadre d’une autre Campagne mondiale, celle des 16 jours d’activisme contre les violences de genre qui est en phase avec leur plan d’action.

L’un des objectifs de ce séminaire est immédiatement atteint après les explications et la projection du documentaire sur la Campagne HeForShe (Lui pour Elle). A ce sujet, madame KAMBIWA dira que la Campagne HeForShe est une campagne de solidarité des Nations Unies pour les femmes (ONU Femmes), prônant l’égalité entre les hommes et les femmes dont le principal objectif est de faire participer les hommes et les garçons au combat pour l’égalité des sexes.

Avec l’adhésion séance tenante à la Campagne HeForShe en images et à travers des inscriptions en ligne des garçons et hommes présents dans l’assistance, et plus particulièrement les représentants des chefs traditionnels, les Reines venaient de franchir une étape importante de leur plan d’action.

A la suite de cette adhésion massive à la Campagne HeForShe, Madame La Déléguée Régionale pour le Littoral du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF Littoral), Isabelle Lafortune MAKOTA, présentera le module1 sur les 16 jours d’activisme contre les violences de genre.

Dans sa pertinente et riche présentation, Madame la déléguée parle des différents types de violences et révèle des informations statistiques sur les violences faites aux femmes à travers le monde et particulièrement dans notre pays. Grace à cette présentation, les Reines et leurs invités apprendront que parmi les femmes de 15-49 ans, respectivement 11% et 14% ont subi des violences en 2011. Les auteurs de ces actes sont à 63% les maris actuels; 19,4% les partenaires récents et 12,4% sont les pères ou maris des mères. Plusieurs facteurs sont à l’originede ces violences nous dira-t-elle : Les différends conjugaux, l’ignorance par les femmes de leurs droits et des recours existants, les coutumes patriarcales et virilocales, le niveau d’éducation, le refus de domination, le faible pouvoir de décisions des femmes.

Les chiffres montrent que la situation est assez inquiétante et que plusieurs mesures et initiatives comme celles du « KUM MEMFO »qui tendent à faire cesser ces violences doivent être saluées et prises en exemple pour éradiquer définitivement ce fléau qui constitue un véritable handicape social.

Après la présentation de Madame la Déléguée appuyée par un document de synthèse sur le sujet, la parole a été donnée à l’assistance. Monsieur NGALEU Fidèle représentant du Chef de la Communauté BABOUTCHEU s’est exprimé pour apprécier l’initiative ainsi prise par les Reines et leur adresser ses vifs encouragements.

- La représentante du Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala, Madame Else LONGUE a transmis les salutations et les encouragements de Monsieur le Délégué et a félicité les Reines en leur souhaitant beaucoup de courage dans leurs activités qu’elle apprécie particulièrement.
- Le représentant du supérieur Chef BANA, Monsieur DJOMO Bernard déclare sa joie d’être présent à cet évènement et assure les Reines de son soutien et surtout de l’acheminement de leurs différentes préoccupations et doléances auprès de sa hiérarchie.
- Monsieur ENUMEDI Gabriel Alexis, Délégué Régional du MINPMEESA (Ministère de Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat) pour le Littoral déclare que l’indépendance de la femme est importante et peut être un facteur favorable pour réduire la violence faite aux femmes dans la société. Il encourage donc l’entrepreneuriat féminin, qui participera à sauver les femmes des violences qu’elles subissent au quotidien.
- Monsieur HEDJE Lanislas Représentant du BAMOUNGOUM a appelé les Reines à l’humilité, ce qui leur permettra de pouvoir toucher toutes les couches sociales. Mettre leur statut de Reines de côté et se confondre à toute personne d’abord pour toucher la réalité du doigt, comprendre cette personne et facilement la convaincre à adhérer aux idéaux qu’elles viennent partager.

Monsieur NGAMGA Bienvenue, représentant de sa Majesté YONKEU Jean Marie, chef supérieur du village Bangoulap, félicitera les Reines pour leur noble et digne mission et en guise de conseille, exhortera les Reines à s’ouvrir aux Reines d’autres régions de notre pays pour permettre à un plus grand nombre de camerounaises et de camerounais de bénéficier de ces enseignements très utiles.

L’honorable Hortense KAMANKE, députée suppléante du Haut-Nkamet par ailleurs Reine invitée représentant le village Foutouni, ne cachera pas sa satisfaction d’avoir répondu présente à l’invitation du KUM MENFO, dont les travaux viennent compléter le travaille qu’elle mène dans sa communauté en zone rurale pour l’épanouissement de la femme. Elle dit être particulièrement touchée par l’exposée de la MINPROFF Littoral sur les violences dont elle souhaite voir la vulgarisation à travers les associations des femmes et ne tarie pas d’éloges à l’endroit de ces hommes, représentants des chefs traditionnels qui sont devenus les « HeForShe » et en sa qualité d’élue du peuple, elle veillera à la prise en compte du Protocole de Maputo à tous les niveaux.

D’autres invités prendront la parole pour appuyer les mêmes idées ou aborder dans autres sens avec pour point commun, la satisfaction de l’initiative de l’association des « Reines sans Frontière ».

Pendant la pause, les invités vont laisser les membres du KUM MENFO dans la session à huis clos des travaux en atelier du module 2 du programme intitulé : « Reines sans Frontières en action »

Composés de 03 groupes, cet atelier a permit aux Reines de :

- Mieux comprendre les objectifs du KUM MENFO ;
- Faire une évaluation globale de leurs capacités à atteindre ces objectifs ;
- Faire l’évaluation du fonctionnement de leur association ;
- Voir si ce fonctionnement permet aux Reines d’exécuter un plan d’action pour atteindre les objectifs fixés ;
- Prendre les résolutions conséquentes.

De la restitution de ces travaux ressort ce qui suit :

  • Les membres du KUM MENFO présentes ont mieux assimilés les objectifs de leur association qui se résument à promouvoir nos us et coutumes et œuvrer pour les droits de la femme et de la fille ;
  • Elles ré - adhèrent à ces objectifs ;
  • Elles reconnaissent avoir des qualités capables de favoriser l’atteinte de ces objectifs : elles sont des reines, des mères et épouses ; elles sont généreuses, rassembleuses, prêtes à servir et promettent de maintenir ces qualités ;
  • Elles reconnaissent avoir des défauts capables de défavoriser l’atteinte des objectifs : Le manque de respect mutuel, la rigueur dans le choix des priorités, le non respect des engagements pris vis-à-vis d’un groupe, le non respect des horaires, le manque de transparence et de confiance en soit dans le partage de ses idées et informations c’est-à-dire, préférences aux discutions informelles avant ou après réunions au lieu d’aborder les sujets du groupe en réunion, le manque d’humilité et promettent de s’améliorer en corrigeant ou en rejetant ces défauts ;
  • Pour des raisons diverses, les membres du KUM MENFO ne sont pas satisfaits du fonctionnement de leur association :
  • Le manque de critères objectifs et clairs par la ou les fondatrices dans la cooptation des adhérentes ; l’accent étant mis sur leurs capacités à honorer les exigences financières vis-à-vis du groupe ;
  • Le manque de vision commune des membres du but de l’association « Reines sans Frontière » ;
  • Des vides juridiques et manques de clarifications dans les statuts ainsi que le règlement intérieur de l’association ;
  • Manque de compréhension ou de clarification du plan d’action ;
  • Mauvaise préparation des réunions mensuelles ;
  • Mauvaise gestion des débats au cours des réunions ;
  • Manque de disciple des membres pendant les réunions ;
  • Le non respect dans l’exécution des décisions prises en réunion ;
  • La mauvaise gestion du facteur temps.

Le Protocole de MAPUTO, guide de l’association des Reines sans Frontières fera l’objet du module 3 du programme.

Sous la supervision de leur consultante Mafo YIMGA, les Reines vont réaffirmer le choix de ce Protocole comme cadre de leurs actions et souhaitent son appropriation par toutes dans l’optique de pouvoir également transmettre le contenu de cet important outil aux autres personnes et plus particulièrement les femmes, lors de leurs différentes descentes sur le terrain.

Pour parachever ce module, une évaluation des travaux a permis de recueillir les différents avis des Reines. Il en ressort de façon générale qu’elles doivent :

• Faire preuve à l’avenir de plus de rigueur et de discipline dans la suite de la mise en œuvre de leur plan d’action ;
• Elles souhaitent toutes participer à d’autres séminaires sur les droits des femmes et des filles ;
• Elles souhaitent en savoir plus sur l’entrepreneuriat féminin ;
• Elles ont été particulièrement édifiées par toutes les informations contenues dans le Protocole de Maputo ;
• Elles aimeraient aborder d’autres instruments juridiques internationaux du même ordre pour être mieux outillées ;

A la suite de l’évaluation de leurs travaux, le KUM MEMFO a produit sa Déclaration, un dispositif juridique solennel constitué de 05 articles qui marquent l’engagement ferme des Reines Sans Frontières à respecter leurs idéaux et leur plan d’action.

La cérémonie de clôture s’ouvre par le résumé des articulations de la journée et du contenu des travaux par la consultante du KUM MEMFO. Madame NGATCHOU Jeanne- d’Arc (Mafo NGUELIAMBEU), 1ère vice-présidente du KUM MEMFO a donné lecture de la Déclaration des Reines Sans Frontières.

Monsieur HEDJE Lanislas représentant du Chef de la communauté Bamougoum a intervenu en tant que porte parole des notables présents. Ces derniers sont en phase avec la décision des Reines qui souhaitent se familiariser aux us et coutumes afin d’apporter des changements sur les aspects dégradants et humiliants de certains de ces us et coutumes qui ne permettent pas aux femmes de s’épanouir et de prospérer.

Après un dernier hommage rendu aux Lionnes indomptables, la Présidente du KUM MEMFO a adressé ses remerciements aux Reines participantes, et aux différents invités.

Madame la Déléguée du MINPROFF pour le Littoral a appelé les membres de l’association « Reines Sans Frontières » ainsi que tous les invités à œuvrer pour l’égalité entre les filles et les garçons afin que règne plus de paix dans la société, et c’est sur ce, qu’elle a déclaré clos les travaux du séminaire de renforcement des capacités des membres de l’association des« Reines Sans Frontières ».