
Thème : « Respecter la dignité de la veuve, combattre toutes formes de violence à son égard »
Au Cameroun comme dans de nombreux pays d’Afrique, après le décès d’un conjoint, le conjoint survivant doit observer pendant une certaine durée, un ensemble de pratiques coutumières, fondées sur la croyance et l’efficacité de leurs effets, pour témoigner de son amour envers le partenaire défunt.
La pratique des rites de veuvage tel que perçu par nos aïeux, est un acte traditionnel dont le but est d’accompagner l’esprit du défunt vers le monde des morts.
Pourquoi fait-on les rites de veuvage ?
Les rites de veuvage sont pratiqués sur un veuf ou une veuve contre la souillure de la mort.
Nous vivons dans une communauté avec des codes pré établis.
Le veuf ou la veuve veut montrer et vivre cette relation d’appartenance si fusionnelle, et surtout montrer à cette communauté qu’elle est des leurs et qu’elle sait qu’elle doit observer les règles établies.
C’est un passage obligé sous peine d’une hypothétique malédiction qui s’abattrait sur elle et sa progéniture.
A la mort de son mari, la femme sait que c’est elle l’épouse légitime qui doit affronter les affres du veuvage.
C’est en quelques sorte une période de reconnaissance d’un statut au niveau de la communauté, et c’est un honneur qu’elle soit reconnue ainsi.
Mais malheureusement, certains des aspects des rites de veuvage sont devenus des actes d’humiliation, de brimade, de violences et d’abus dont sont victimes principalement les veuves.
Selon la région, le département ou le village, les différentes étapes des rites de veuvage peuvent être différents.
En général on distingue 03 grandes étapes des rites de veuvage :
- Les rites de privation (tous les interdits que la femme doit observer et brimades);
- Les rites de purification (se passent très tôt le matin où la femme est conduite dans une rivière);
- Rites de réinsertion (au sorti de l’eau, la femme arbore un habit spécifique de couleur Bleu, Blanc, noir ou autre pour dire qu’elle a changé de statut : Moukoussa (en langue duala);
Notre combat, ce n’est pas d’éradiquer les rites, mais de les humaniser ! et les rendre conforme par rapport aux différents instruments juridiques en faveur de la femme ratifiés par le Cameroun à l’exemple de :
- La Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
- La Convention des Nations Unies contre toutes les formes de Discrimination à l’Egard des femmes (CEDEF) ;
- Le Protocole à la charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Femmes en Afrique (Protocole De Maputo);
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